lun.

25

août

2014

À quand les manuels adaptés pour les élèves dysphasiques ?

Saviez-vous que les enseignants en classe d'adaptation scolaire ont souvent le grand défi d'adapter le matériel et les manuels pour leurs élèves ? Les enseignantes en classe ordinaire qui accueillent des élèves DYS intégrés et les orthopédagogues qui les accompagnent ont le même défi.

 

Par exemple, pour un élève qui décode très difficilement les mots, diagnostiqué dyslexique ou non, l'enseignante devra souvent numériser les textes, les formatter avec un autre logiciel comme ABBY, Adobe Reader, KURZWELL, afin qu'ils puissent être lus par une synthèse vocale comme avec le logiciel WORDQ. Tout ceci s'ajoute à la tâche de planification et de pilotage des situations d'apprentissage.  

 

De la même manière, pour les tâches écrites,  plusieurs élèves ne peuvent réussir à utiliser les cahiers de manière satisfaisante. Certains ont des difficultés praxiques. Certains  n'ont pas développé les compétences attendues pour leur âge au niveau du  langage écrit (dyslexie-dysorthographie) et ne peuvent ni lire les énoncés des questions, ni écrire leurs réponses.  L'enseignante doit alors adapter le format de la ressource écrite en donnant accès à une copie agrandie- aérée- tronquée- séquencée, etc... ou à un ordinateur et un logiciel avec prédiction de mots (WordQ). Il est aussi permis de récolter les réponses de l'élève oralement ou avec l'aide d'un scripteur. On considère tout ceci comme des ADAPTATIONS  PERMISES. 

 

Il ne faut pas oublier que  l'enseignante doit aussi faire des démarches pour demander une permission à l'organisme Copibec . Elle pourra alors obtenir l'autorisation de traiter le manuel d'origine pour les élèves en difficulté et  sera en accord avec les lois d'auteurs.

 

Mais qu'en est-il des élèves qui présentent des troubles du langage modéré à sévère ? Ces élèves peuvent présenter aussi des  troubles praxiques et des troubles du langage écrit.  Les adaptations décrites au début seront nécessaires et utiles. Toutefois,  à ceci s'ajoute évidemment des problèmes de compréhension et d'expression.

 

Pour l'enseignante en classe langage, il est souvent difficile de faire un usage régulier d'un manuel et d'un cahier d'exercice  destinés à la tranche d'âge de ses élèves.  Non pas que ces élèves ne soient pas assez intelligents, mais parce que le niveau de langage n'est souvent pas accessible dès les premières unités d'apprentissage complétées (novembre, décembre).

 

Quels choix se présentent alors?

 

 

1. Exploiter des ressources variées dont le langage est adapté mais ayant des contenus qui ne répondent pas toujours aux connaissances générales qu'un enfant de cet âge devrait construire. On se trouve à face à une MODIFICATION des exigences... 

 

2. Exploiter des ressources destinées au  niveau d'âge   en soumettant les élèves à des défis très exigeants sur le plan cognitif et attentionnel. En situation d'apprentissage, confronté à ce genre de matériel, on doit travailler avec l'élève pour faire ressortir le vocabulaire non connu à l'oral, pour imaginer le langage figuré, indiquer les référents implicites, situer le temps et la chronologie , suggérer des stratégies quand les phrases sont trop longues....et j'en passe et j'en passe.

 

Il serait simple de simplifier le texte mais en situation d'évaluation, tout aménagement du texte autre que la typographie est identifié comme des MODIFICATIONS des exigences et entraîne une baisse de la note. L'élève se retrouvera  tout de même en échec. 

 

 

Les élèves dysphasiques devraient, selon moi, pouvoir utiliser des manuels adaptés au même titre qu'une synthèse vocale est permise pour les élèves dyslexiques sans qu'on parle de MODIFICATION des exigences. Il s'agirait d'adapter le niveau de langage des textes pour transmettre les mêmes informations notionnelles ou à tout le moins offrir le choix à l'élève.  Un exercice de vulgarisation pour élèves dysphasiques en quelque sorte.

 

La technologie d'aujourd'hui permettrait, j'en suis certaine,  de produire des contenus numériques ou les élèves pourraient avoir accès (et le choix) à une phrase plus simple lorsque la phrase d'origine contient trop de difficultés langagières (clin d'oeil à la synthèse vocale).

 

Il serait sûrement possible d'insérer des liens vers des ressources multimédia que l'élève pourrait gérer (clin d'oeil à un logiciel de prédiction de mots) afin d'avoir des compléments d'informations qui lui serviraient à valider s'il a bien compris ou non. 

 

Voici un article du journal Le Devoir au sujet d'une recherche universitaire qui pointe dans ce sens et que j'ai trouvé dans un groupe Facebook Orthopédagogues du Québec.

 

À quand les manuels ADAPTÉS pour les élèves dysphasiques ?

On a du lobbying à faire ! C'est mon avis et je vous le partage.

 

Bonne rentrée scolaire à vous tous et toutes ! 

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